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01/04/2010

Green-IT 2.0, le livre

 

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Objectifs du livre :

1- Proposer une approche permettant d'initier une démarche développement durable au sein d'une DSI. Elle est est simple, pragmatique et présente l’intérêt de coupler préservation de l’environnement et maîtrise des coûts d’une DSI.

2- Essayer d'imaginer ce que pourrait être la révolution écologique, en ayant recours aux NTIC de façon à la fois originale et peu courante.

Préface :

Marie-Claude POELMAN-FARGEOT
Présidente de  l'Association Nationale des Directeurs de Système d’Information (l'A.N.D.S.I.)
Directrice des Systèmes d’Information de Nature et Découvertes
Membre de l’association Human Village

Publics concernés :

DSI et membres des DSI ;
professionnels de l’informatique et des NTIC.

Présentation du livre :

Partie I : un rapide état des lieux de la Terre. Thèmes abordés : les ressources en eau, les terres cultivables, la biodiversité, les ressources en énergie, en matières premières, les ressources alimentaires, le système économique et enfin nos sociétés modernes.

Partie II : pourquoi nous en sommes là aujourd'hui ? La responsabilité de l'Homme et des NTIC.

Partie III : Green IT 1.0. Présentation d'une approche simple qui permet de coupler préservation de  l'environnement et maîtrise des coûts au sein d'une DSI. Principaux points abordés : les principes de l'approche, comment la mettre en oeuvre, comment mesurer le progrès, les conditions de réussite.

Partie IV : Pourquoi la révolution du numérique préfigure sans doute la révolution écologique qui débute. Quels seront les moteurs de cette révolution. Quels seront les impacts sur les entreprises, sur nos sociétés, dans notre vie courante et enfin quels sont les "conditions de réussite". J'utilise dans cette partie les NTIC pour imaginer l'avenir, d'une façon originale et peu commune. Quels rôles pour les DSI et les NTIC dans cette révolution écologique ? Le Green-IT 2.0

Présentation détaillée au format PDF.

Se procurer ce livre  :

Toutes les informations sont sur mon site : www.dsigreen.fr

 

25/02/2010

Le scénario Titanic, le livre

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Le scénario Titanic est un livre de sensibilisation qui permet de découvrir l’état de la Terre. Les principaux thèmes y sont abordés : les ressources énergétiques, en eau, alimentaires, mais aussi les changements climatiques, la biodiversité ou encore la déforestation … Pour chaque thème, je vous donne les chiffres-clés et je vous fais découvrir mon point de vue grâce à des métaphores. Avec ce livre, vous partagez mes craintes et mes interrogations quant à l’avenir de mes enfants, de nos enfants, notre avenir.                         

 

 

 

Il est paru aux éditions Jouvence en 2008 dans la collection Savoir et Agir pour ce Siècle.

Lire en ligne le chapitre : C'est la fête au village.

Découvrir plus en détail ce livre.

Préface de Pierre Rabhi.

La relation entre l’espèce humaine et ce que nous appelons d’une façon approximative la nature n’a probablement jamais été l’objet de débats aussi intenses qu’aujourd’hui. Cela s’explique par l’ambiguïté, la complexité et le poids d’un contentieux dont la résolution ou la non-résolution s’avère décisive. Ce débat monte en puissance et commence à dépasser les éternelles controverses entre les experts, de plus en plus nombreux, pour lesquels les dérèglements climatiques et autres dysfonctionnements écologiques sont dus à l’évidence aux inconséquences humaines, et les experts sceptiques, de moins en moins nombreux, pour lesquels tout cela n’est qu’exagération sans fondement. Certains parmi ces derniers, sans doute pour tranquilliser les esprits, invoquent la science comme la déesse salvatrice capable selon eux de résoudre tous les problèmes, y compris ceux qui lui sont directement imputables. Le citoyen ordinaire sans qualification essaie quant à lui de comprendre, de ressentir, de croire ou ne pas croire dans un climat d’appréhension, entre doutes et espoirs.

Les observations scientifiques les plus rigoureuses mettent en évidence des faits incontestables et la subjectivité humaine des éléments irrationnels, sans compter les intérêts particuliers, économiques ou autres qui pèsent sur les décisions. Ainsi, les résolutions urgentes et radicales que nécessite absolument une problématique très déterminante pour l’avenir sont-elles sans cesse ajournées. Tout au plus sommes-nous témoins de quelques dispositions souvent démagogiques dont l’effet le plus pernicieux et de laisser croire à l’opinion que les décideurs prennent en compte la problématique et vont lui donner des solutions. Cela risque de prolonger la somnolence et l’indolence générale, face à une question d’une ampleur considérable.

Le scénario Titanic d’Hugues Gosset-Roux invite d’urgence chacune et chacun de nous à nous libérer du sentiment d’impuissance tendant à faire de nous des victimes paralysées, pour devenir des bâtisseurs d’une ère écologique qui ne peut plus se suffire de doctes analyses et de constats alarmants. Nous sommes appelés à incarner des solutions, à les matérialiser, pour les rendre crédibles et donc reproductibles, et positivement contagieuses. Ce n’est qu’à cette condition d’une mobilisation générale des consciences et des volontés que l’on pourra éviter la collision du navire du destin collectif, contre l’iceberg érigé par nos innombrables transgressions dues au mépris ou à l’ignorance des règles les plus élémentaires de la vie. Ce n’est plus la seule partie émergée qui s’élève aujourd’hui en travers du chemin. Nous sommes face à une déconvenue et à une sorte d’ultimatum irrévocable qui nous fait obligation de changer pour ne pas disparaître.

Ce Scénario Titanic est construit avec des métaphores, des anecdotes graves ou humoristiques, des réflexions, des informations, pour aboutir à des dispositions pertinentes, afin de sortir de l’ornière. Il permet à tous ceux qui en ressentent la nécessité et l’urgence de trouver leur place dans un vaste chantier de réhabilitation de la vie et de nos vies. Merci à Hugues Gosset-Roux pour sa précieuse contribution.

Pierre Rabhi.

Le site de Pierre Rabhi. www.mouvement-th.org

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Des extraits du livre sont en ligne avec l'aimable autorisation de M. Jacques Maire, l'éditeur.

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Voir les commentaires des lecteurs déposés sur mon ancien site (

www.hugo3w.com)

Le scénario Titanic, présentation détaillée

Chaque thème du livre est accompagné d'une ou plusieurs métaphores.

Métaphore, définition du Larousse :

Procédé par lequel on substitue à la signification d’un mot ou d’un groupe de mots une autre signification qui s’y rapporte en vertu d’une analogie ou d’une comparaison implicite.

Métaphore, définition de l'auteur :

Les métaphores sont comme des jumelles. Inversées, donc rétrécissant, elles nous permettent de voir la Terre avec un autre regard. Dans le bon sens (et avec du bon sens), elles nous permettent de voir loin et d’observer l’avenir.

Liste des thèmes du livre.

La croissance de la population mondiale.

Le post-it.

Les ressources énergétiques.

Le syndrome du cumulus : La famille Durand est en vacances dans sa maison de campagne. C’est la fin de la journée, il est l’heure de prendre la douche… Cette métaphore illustre ce qui risque d’arriver aux générations futures si nous ne prenons pas la voie du développement durable.

Le naufrage du Titanic : Treize questions sur le naufrage, les raisons, les conséquences… treize similitudes troublantes avec le pic de production du pétrole. Aux dires des lecteurs, c’est la métaphore la plus forte du livre. La plus forte, car elle peut s’appliquer également aux ressources en eau et de façon plus large à nos modes de vie actuels.

Les changements climatiques.

L’inertie des masses : La famille Durand rentre de week-end. Soucieuse de l’environnement, Madame avait baissé le chauffage vendredi soir avant de partir. Il fait donc 15° dans la maison. Madame qui maîtrise parfaitement le réglage du chauffage, met le thermostat sur 3 afin de ramener la température dans la maison à 19°… Parallèle entre le réglage du thermostat et le réchauffement climatique.

Bidibulle et équilibre climatique : Depuis des millions d’années, le climat de la Terre oscille entre des périodes de glaciation et des périodes de climat plus tempéré. Le climat oscille entre « le froid et le chaud » comme un énorme bidibulle qui se balancerait de gauche à droite avec une période de battement de plusieurs millions d’années... Métaphore illustrant les risques d'emballement climatique.

Une pluie d’orage : Il y a quelques jours, pendant une période de canicule, nous sommes allés nous promener au bord du lac tout proche, avec ma femme et mes enfants, histoire de trouver un peu de fraîcheur. C’était une journée d’été très chaude, comme nous en connaissons de plus en plus souvent. Le goudron sur lequel nous marchions était brûlant... Métaphore illustrant les risques de multiplication des accidents climatiques engendrés par le réchauffement climatique et notre capacité à porter secours, à reconstruire.

La biodiversité.

Un chalet à la montagne : La biodiversité c’est un peu comme un énorme chalet en bois en pleine montagne. Nous y habitons depuis fort longtemps, il nous abrite et nous y trouvons notre nourriture. Nous n’avons plus les plans de construction, nous n’en connaissons pas toutes les pièces et nous ne comprenons qu’une partie de l’architecture…

La déforestation et la désertification.

Exercice de voyance : Parallèle entre la fragilisation des forêts de l’hexagone et une déforestation qui m’a marqué il y a de cela quelques années.

Rasoir jetable trois lames : Illustration des conséquences de vagues de canicules à répétition. Synthèse de l’état des lieux.

Synthèse de l'état des lieux.

C’est la fête au village : Selon H.M. McLuhan , « de toutes parts nous parvient l’information à vitesse accélérée, à vitesse électronique. On dirait que nous faisons tous partie d’un petit village mondial ». Partons de son hypothèse. Un village ça a une vie, rythmée par les saisons, les coutumes … Quel instant de la vie de notre village mondial sommes-nous entrain de vivre aujourd’hui ? Je dirais que c’est la fête au village… Parallèle entre les fêtes du lac d’Annecy et la période que nous sommes en train de vivre aujourd’hui sur Terre. Lire ce chapitre en ligne.

Voyage de fin d’études : Nous sommes en juin, vos enfants terminent l’année scolaire et ont la chance de partir à l’étranger. La fête de l’école ayant bien marché, l’association des parents d’élèves a pu payer les billets à tous les parents. Vous allez donc les accompagner. Métaphore illustrant les risques que nous prenons aujourd’hui dans l’avion Terre, affrété par la compagnie Air Environnement, à destination de Nextgénération, avec nos enfants à bord.

Lien vers le site de l'éditeur.

C'est la fête au village...

Extrait du livre "Le scénario Titanic"

Selon H.M. McLuhan Herbert (Marshall McLuhan, sociologue canadien), « de toutes parts nous parvient l’information à vitesse accélérée, à vitesse électronique. On dirait que nous faisons tous partie d’un petit village mondial ». Partons de son hypothèse. Un village ça a une vie, rythmée par les saisons, les coutumes … Quel instant de la vie de notre village mondial sommes-nous entrain de vivre aujourd’hui ? Je dirais que c’est la fête au village. Bon, nous ne sommes pas tout à fait dans un village, mais dans une ville d’environ 100000 habitants (un village comparé au reste du monde), Annecy, en Haute-Savoie, à 40 km de Genève. Une ville très connue pour son lac, ses montagnes, sa vieille ville et ses fameuses fêtes du lac. Elles se tiennent tous les ans, le premier samedi d’août. C’est un spectacle pyrotechnique qui se déroule sur le lac, au niveau d’un grand parc de verdure, quasiment en centre-ville.

 Ces fêtes nécessitent plus d’un an de préparation. Les feux d’artifice sont conçus, fabriqués et stockés de longs mois à l’avance. Puis quelques semaines avant l’évènement, courant juillet, des pontons sont progressivement installés sur le lac pour accueillir tous les feux d’artifice. Des tribunes sont également montées dans le parc pour accueillir les spectateurs. Ce travail est physique et prend plusieurs semaines. Ensuite, pendant quelques jours, la sono, les éclairages, tous les circuits électriques sont mis en place. Le spectacle est payant, aussi des palissades et des barrières sont installées tout autour du parc pour former un espace clos aux entrées duquel les tickets peuvent être contrôlés.

 Les tribunes centrales, les mieux positionnées, accueillent les officiels, les notables … et les places les plus chères. Plus vous vous éloignez de part et d’autres de la tribune centrale, moins les places sont chères, mais moins bien vous êtes placés. Les spectateurs paient et se placent, en fonction de leurs moyens.

 A l’extérieur du parc clos, les places sont gratuites, mais vous êtes alors nettement plus loin et pas forcément très bien placés pour admirer l’ensemble du spectacle. J’ai assisté aux fêtes du lac depuis les tribunes centrales, depuis celles sur les côtés, mais aussi depuis l’extérieur. Les ambiances sont totalement différentes. Elles vont du plutôt guindé sur les tribunes centrales au festif et populaire autour du lac.

Le jour J, en fin d’après-midi, les spectateurs sont accueillis. A l’entrée, vous devez présenter votre sésame (le billet) et, après trois contrôles, vous accédez à votre place. Quelques resquilleurs, peu nombreux, passent par-dessus les palissades. Certains, plus malins, viennent en bateau sur le lac et se placent face aux tribunes centrales, donc idéalement pour profiter au mieux du spectacle. Pour eux c’est gratuit, tout le monde les voit, mais personne n’ira se mouiller pour les en déloger.

Compte tenu du nombre de spectateurs (plusieurs dizaines de milliers payants et dix fois plus autour du lac), il faut plus de deux heures pour mettre en place tout le monde. Pour faire patienter les spectateurs, un petit intermède est donné sur l’eau. La pénombre s’installe alors, puis c’est bientôt la nuit noire. Peut enfin commencer, ce que tout le monde attend, le feu d’artifice. Il va durer pratiquement deux heures.

Suivant les années, le thème du spectacle est différent, mais le principe de base est toujours le même : différentes scènes pyrotechniques, entrecoupées de pauses narrées, une montée en puissance progressive, puis en tout dernier, le clou du spectacle, le bouquet final.

C’est un feu d’artifice, ça tout le monde connait, mais celui-ci est remarquable par son ampleur, sa durée, la diversité et la qualité de ses feux. Les meilleurs artificiers se disputent l’organisation de l’évènement. Je ne vous décris pas les scènes, nous y reviendrons plus tard dans ce chapitre. La configuration des lieux est idéale et la fumée dégagée par tous les tirs part soit en direction du lac, soit vers les rives, là où s’amassent les spectateurs qui n’ont pas payé. Elle revient assez rarement vers les tribunes.

On a beau être habitué, le spectacle est merveilleux ; à chaque scène, vous ne savez plus où donner de la tête. Vous êtes captivé par cette féérie de couleurs et de sons. Vous ne pensez plus qu’à l’instant présent, en espérant que cela dure le plus longtemps possible. A la fin de chaque scène, vous avez un petit pincement au cœur, vous vous demandez si c’est terminé, si oui ou non le spectacle va repartir de plus belle. Puis vient le bouquet final, c’est alors une débauche de puissance, de couleurs, de sons. C’est à la fois éblouissant, assourdissant et hypnotisant.

Enfin, tout s’arrête, les lumières se rallument dans les gradins et les allées. Les gens, un peu groggy, hébétés par tant de débauche, se lèvent avec regret, rassemblent leurs affaires. Certains serrent leurs enfants dans les bras et prennent la direction de la sortie. C’est un peu la bousculade, les mines sont tristes, on revient brutalement à la vie réelle dans les énormes embouteillages que crée cet évènement. Les gradins se vident rapidement. Quelques petits groupes s’attardent à discuter. Des équipes commencent le soir même à démonter le matériel le plus sensible. Puis la nuit tombe sur le parc lorsque les lumières s’éteignent. Le lendemain matin à l’aube, c’est un champ de détritus et de déchets qui attend les équipes de la mairie qui démontent les palissades et remettent en état le parc. Pendant les jours qui suivent, des équipes viennent démonter les gradins et les supports sur l’eau. Après quelques jours, le parc retrouve sa vie normale. Comme pour les fêtes du lac d’Annecy, la fête de notre village mondial s’est préparée il y a fort longtemps, lorsque le pétrole, le gaz et le charbon se sont formés et stockés dans les sous-sols de la Terre. Puis, il y a quelques milliers d’années, l’homme est apparu. La population mondiale est restée sous la barre des 1 milliard d’individus jusque dans les années 1850. Depuis cent cinquante ans, 5,5 milliards d’individus supplémentaires se sont « invités » sur Terre. S’ils ont pu être accueillis, c’est grâce aux progrès réalisés par l’homme dans tous les domaines, aux savoirs et connaissances accumulés pendant des siècles, mais aussi aux infrastructures patiemment bâties. Ces progrès, ces connaissances, ces infrastructures sont les fondations sur lesquelles « prennent place » nos sociétés modernes. Tout comme la mise en place des tribunes, sur plusieurs semaines de travail. Un travail physique qui débouche sur des bases suffisamment solides sur lesquelles prennent place les spectateurs, juste avant le spectacle.

L’espace clos qui est mis en place les derniers jours nous fait penser aux frontières des pays développés, pays les plus gros consommateurs d’énergies fossiles (60% pour 20% de la population mondiale). La fête, ce sont surtout ces pays qui en profitent. Les tribunes centrales accueillent les pays du G8, les autres pays se positionnant tout autour. Les pays en voie de développement ou sous-développés n’entrent pas dans cet espace et restent autour du lac. Ils voient le spectacle de loin. L’ambiance différente entre les tribunes centrales et le tour du lac est similaire aux cultures différentes selon les régions du globe, avec une constante : les populations se concentrent sur les rivages.

L’ère industrielle débute le jour J, quelques heures avant le spectacle. On a découvert le pétrole, le charbon, on commence à savoir les utiliser. La population commence à croître plus rapidement, tout comme les tribunes qui se remplissent progressivement. L’électricité, la radio font leur apparition (la sonorisation). Le monde commence doucement à utiliser les énergies fossiles, c’est le début du spectacle, celui qui nous fait patienter. La pénombre s’installe et symbolise notre dépendance de plus en plus forte vis-à-vis de ces formes d’énergie. Arrêter aujourd’hui une centrale électrique ou l’alimentation en carburant revient à figer nos sociétés modernes, à plonger dans le noir toute la population comme le sont les spectateurs au début du spectacle. Les contrôles aux frontières, le visa, la carte d’identité, l’immigration clandestine, autant de similitudes avec les contrôles à l’entrée du spectacle. Les resquilleurs malins qui viennent en bateau ? C’est une « belle image » de la pègre, des mafias et trafiquants de tous bords. On sait qu’ils sont là, ils sont idéalement placés pour profiter gratuitement du spectacle, parfois ils sont même bien connus et ceux qui veulent les déloger doivent se mouiller et prendre des risques. Les dernières cent cinquante années se sont déroulées comme un spectacle pyrotechnique. Différentes scènes, une montée en puissance progressive entrecoupée de pauses. Des périodes de croissance et de progrès (les scènes) et des périodes de crises et de guerres (les pauses) pendant lesquelles tout semble s’arrêter.

Au sein de chaque scène, les feux d’artifice figurent toutes les innovations, créations, progrès, que nous avons réalisés grâce à l’utilisation des énergies fossiles. Elles sont multiples, simultanées, assourdissantes. Dans tout ce vacarme, certains tirs sont remarquables car ils permettent de faire des progrès considérables dans des domaines comme la santé, le confort, l’alimentation, la lutte contre la pauvreté … D’autres présentent moins d’intérêt, on gaspille, mais ils font partis du spectacle.

Qu’ils soient utiles ou non, tous les feux s’entremêlent et participent à la fête. Certains commencent par un puissant tir (un boum) qui propulse dans le ciel une sorte de fusée qui éclate sous forme d’une grosse boule constituée de millions d’étincelles. Elles redescendent vers le sol en se consumant plus ou moins rapidement. Ces tirs sont semblables à une innovation, au lancement d’un nouveau produit, diffusé à grande échelle. Une grande débauche d’énergies pour le lancer, une diffusion à des millions d’exemplaires. Puis pour certains, aussitôt produits et achetés, ils se consument et s’éteignent avant de toucher le sol, oubliés ou déjà dépassés par le tir suivant. Utiles ou futiles, on parle de boum de l’informatique, de l’aviation commerciale, de la télévision, des caméscopes, de la téléphonie mobile, de la voiture, des écrans plats coins carrés, des baladeurs … Chaque progrès, chaque boum, se fait en consommant les énergies fossiles en puisant dans les réserves de feu d’artifice. Les médias modernes de communication (télévision, radios, presse, internet …) nous permettent d’assister à ce spectacle mondial, depuis chez nous, comme si nous étions dans les tribunes.

Les pollutions (les fumées), générées par nos sociétés développées modernes, envahissent toute la planète et provoquent parfois des dégâts à des milliers de kilomètres (comme les pollutions constatées au niveau des pôles par exemple, ou les désertifications en Afrique dues au réchauffement climatique). Parfois, la fumée revient vers nous, Tchernobil, crise de la vache folle, marées noires, pluies acides … Le spectacle auquel nous assistons aujourd’hui est merveilleux, nous ne savons plus où donner de la tête. Tout va très vite. Chaque jour amène son lot de nouveaux produits, de services, d’innovations, de modes. Les progrès sont fulgurants et tout semble s’accélérer … Nous vivons intensément l’instant présent, comme hypnotisés par ce qui se passe autour de nous. Nous en oublions de penser à demain, de penser à l’avenir. Si nous savons que les énergies fossiles sont épuisables, nous espérons que la fête va durer éternellement, comme nous aimerions qu’un feu d’artifice dure jusqu’au petit matin. A quelle scène du spectacle en sommes-nous aujourd’hui ? Peut-être juste avant la prochaine pause, la prochaine crise ? Nous sentons bien que le bouquet final approche, mais tout à notre engourdissement, émerveillé devant tant de confort de vie, saurons-nous résister à la fascination qu’il exerce ?

 Là s’arrête la comparaison, ici commencent l’interprétation et la prospective. Elle n’engage que moi. Si le village mondial dans lequel nous vivons est bien entrain de vivre sa période de fête et suit le schéma des fêtes du lac, nous, nos enfants ou nos petits-enfants assisteront un jour au bouquet final. Une débauche monstrueuse d’énergies qui débouchera sur un arrêt brutal. Mal préparés à la raréfaction des énergies fossiles, trop dépendant du pétrole, du gaz et du charbon, les hommes seront plongés dans la nuit noire. Des lumières blafardes s’allumeront dans les tribunes et les allées, chacun prendra ses affaires, serrera dans ses bras ses enfants et ce sera la plus grande bousculade de tous les temps. La population diminuera très rapidement. Certains récupéreront ce qui a de la valeur. Quelques groupes resteront, puis une longue nuit noire tombera sur la Terre. Lorsque le jour reviendra, un gros travail de nettoyage attendra les générations futures. Comme le suggère Jacques Attali dans son livre Une brève histoire de l’avenir, les frontières disparaîtront (le démontage des palissades), la population mondiale sera moins dense et s’ouvrira une période de recyclage de certaines de nos installations devenues inutiles, comme le démontage des gradins sur plusieurs jours. On parlera sans doute longtemps de cette période de « fêtes ». Dans son livre La grande illusion de la technique. Manifeste pour une développement durable, éditions Jouvence, Jacques Neirynck arrive à la même conclusion. Un autre scénario est pourtant envisageable, tout « simplement » tirer moins rapidement le feu d’artifice, pour faire la fête jusqu’au petit matin. Amener l’ensemble des spectateurs jusqu’au lever du soleil, jusqu’à l’avènement des énergies propres et d’une société de modération. Ce serait la fin des artifices et l’homme redécouvrirait la beauté du spectacle de la nature, comme l’est un lever de soleil sur le lac d’Annecy.

NB : et le réchauffement climatique dans tout cela ? Eh bien, en 2004, pendant le spectacle, les conditions météorologiques se sont dégradées, la pluie s’est mise à tomber. Les installations permettant de déclencher les tirs ont pris l’eau et le bouquet final n’a pas pu être tiré. Les spectateurs étaient furieux. Les tribunes se sont vidées avant l’heure...

Présentation du livre & préface

Lien vers le site de l'éditeur.

Extrait en ligne avec l'aimable autorisation de l'éditeur, M. Jacques Maire.